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Récupération : Des créateurs jouent avec des matériaux insolites L'art d'accommoder les restes Pour toute une génération de plasticiens, rien ne se perd. Le rebut devient matériau. Et l'œuvre naît à partir d'un existant. Rien ne se perd; bidons, bouts de ferrailles, pneus usagés, outils, cartons d'emballage, pour les artistes de la récupération, le rebut n'existe pas. Ils y trouvent au contraire une foultitude d'opportunités. Ces créateurs appartiennent à un mouvement qui ne dit pas son nom mais tente de plus en plus de plasticiens. La participation d'une vingtaine d'entre eux à Conforexpo constitue l'opportunité de toucher plus de 120 000 personnes. "Au niveau du concept, ce qui m'intéresse, c'est que le grand public puisse identifier les pièces utilisées", explique Nathalie Kaïd. Chargée de mettre en scène l'expo, la créatrice veut en effet montrer que la démarche artistique s'appuie sur la réalisation d'œuvres menées à partir d'existant. "On fait avec ce qu'on trouve", reconnaît Olivier Courant, le sculpteur chargé de bâtir les deux totems emblématiques qui signaleront l'exposition aux alentours. Après un premier personnage de 5 mètres de hauteur constitué de bidons, il s'est attaqué à … une poule, à partir d'un joyeux mélange d'instruments aratoires, cadre de vélomoteur, ressorts, etc. Un gallinacé parce que Blade, le grapheur chargé de décorer les deux totems, a imaginé, une nuit de délire, une bande de " poules naines dans l'espace ". "Au départ, l'idée n'est pas précise, et puis elle s'affine. Dans mon esprit, ce seront des peintures vivantes", explique Blade, titillé par l'idée de sortir de son domaine de prédilection, le monde mural des friches industrielles. Spécialiste du détournement des lieux à l'abandon, le voici propulsé en pleine lumière, chargé de désigner aux chalands de Conforexpo une vingtaine d'artistes nommés Jean-François Buisson, Jofo, Romane Z, Christophe Ossard, Isabelle Pellegrin, Jacques Frances-chini et Béatrice Hazard. Un joli monde de créateurs décalés qui, comme l'explique Nathalie Kaïd, "jouent sur les matériaux insolites, leur impriment une nouvelle dimension esthétique, ludique et innovante, voire une nouvelle fonctionnalité". Jean-Paul Taillardas Sud-Ouest Dimanche - Dimanche 29 octobre 2000 |